La mission confiée à CRP Consulting par ATOUT France-la DATAR-la FMVM a reposé sur une approche en termes d’observations et d’investigations qualitatives in situ : · Une enquête in-situ auprès de touristes fréquentant la ville, · Des entretiens approfondis pour aller plus loin dans le ressenti et dans la spontanéité des perceptions (10 entretiens ont été réalisés dans chacune des 18 villes, soit 180 entretiens qualitatifs au total). · Une cartographie des comportements de fréquentation pour chacune des villes, ayant permis d’identifier le territoire touristique vécu par le visiteur.
La mise en regard des actions développées par les différentes villes et les attentes et besoins identifiés auprès de la population touristique française et européenne ont permis de qualifier cette fréquentation touristique : 1. identifier l’impact des actions menées par les villes pour améliorer le cadre de vie des habitants et l’usage que les visiteurs en font ou peuvent en faire ; 2. caractériser les motifs de sortie de la ville visitée dans le territoire environnant, les distances parcourues, les activités pratiquées…ainsi que les motifs d’entrée dans la ville à partir des territoires où les touristes sont en séjour.
Les réflexions inhérentes au tourisme urbain ont abouti à une re-définition de la pratique urbaine de ces visiteurs et permettent de s’appuyer sur quelques grands enseignements concernant :
1. les profils des visiteurs
Sur l’ensemble des enquêtes réalisées, un visiteur sur deux était touriste, c’est-à-dire passait au moins une nuit sur place. Parmi ces touristes, une majorité (60%) étaient hébergés dans la ville, dont plus d’1/3 à l’hôtel. La pratique de la ville correspond à une première visite pour 50% des touristes. Les primo-visiteurs choisissent le plus souvent de découvrir la ville sur un court séjour (à savoir en passant une seule nuit sur place) en étant hébergés dans la ville intra muros. Lorsqu’ils optent pour un hébergement en dehors de la ville, ces visiteurs « consomment » la ville au même titre que l’offre touristique globale proposée sur le territoire. Parmi les 40% de touristes hébergés en dehors de la ville, 76% sont venus au moins une fois en ville au cours de leur séjour.
2. la pratique de la ville
Quel que soit le profil des visiteurs (touristes / excursionnistes), les activités associées à la pratique urbaine sont tout d’abord en lien avec la déambulation, la consommation de services et la visite de patrimoine bâti. Les activités culturelles sont privilégiées par certains profils de touristes comme les étrangers, les primo-visiteurs et les personnes réalisant un court séjour sur place, qui viennent majoritairement dans l’optique de découvrir la ville et non le territoire. Au global, les activités caractérisant la pratique urbaine répondent à deux approches complémentaires de la ville :
· une pratique de la ville « fonctionnelle » et « générique », qui repose sur les principales activités pratiquées, à savoir un recours aux aménagements, services, une pratique d’activités de loisirs (shopping, déambulation), qui ne sont pas propres à la ville visitée. En outre, ces activités correspondent plus à la définition d’une pratique urbaine globale que d’un tourisme urbain dans le sens où il ne s’agit pas d’une offre spécifique à destination des visiteurs de la ville. Cette approche est privilégiée par différents profils de visiteurs, dont les touristes venus pour plus de 7 jours, connaissant déjà la ville et le territoire, les habitants de proximité, les excursionnistes choisissant la ville pour y faire une étape, sans avoir prévu d’activité particulière.
· une pratique « culturelle », plus spécifique à chaque ville, qui ne se fait pas au détriment d’une pratique plus générique de la ville, celle-ci étant complémentaire. Cette approche culturelle de la ville correspond significativement à l’approche adoptée par les touristes qui sont en court séjour (et qui sont souvent des primo-visiteurs) : cette visite culturelle occupe la première place dans la priorisation des activités pratiquées ; les excursionnistes qui ont choisi de s’arrêter dans la ville pour y visiter un lieu particulier (musée, bâti…) : les étrangers sont particulièrement représentés dans cette catégorie.
Dans leur « consommation » de la ville visitée, les touristes et les excursionnistes utilisent l’ensemble de ces aménagements de la même manière qu’un habitant de la ville. De ce fait, l’offre de services, de commerces, d’aménagements urbains, la mise en valeur des espaces et du bâti influent leur perception de la ville. La satisfaction ne repose pas uniquement sur une offre touristique mais est bien portée par la pratique d’une ville fonctionnelle (accès au stationnement, circulation, services, signalétique…) et la capacité de la ville à offrir un espace convivial (accueil, commerces, bars et restaurants, animation, propreté…). Les « bonnes et mauvaises expériences » évoquées par les visiteurs mettent en avant l’importance accordée à ces deux aspects qui influent sur le fait de pouvoir pleinement profiter d’une visite ou d’un séjour dans la ville et sur un éventuel nouveau séjour.
3. la place du territoire dans l’attraction exercée par la ville
Les touristes ont une pratique de la ville qui est majoritairement associée à des sorties sur le territoire. Cette double approche ville / territoire se vérifie d’autant plus que les touristes passent du temps sur place : on observe un véritable changement de comportement dès lors qu’ils passent 2 à 3 nuits sur leur lieu de séjour.
La pratique mixte de la ville et du territoire environnant apparaît comme le choix le plus répandu pour les visiteurs en séjour. Concernant les excursionnistes, la pratique urbaine stricte, c’est-à-dire sans sortie sur le territoire, a concerné 85% des visiteurs. Les pratiques sont fortement influencées par les liens existant entre l’offre touristique de la ville et celle du territoire. Une grande majorité de villes s’inscrivent dans un territoire et participent ainsi au maillage du territoire touristique :
o elles sont attractives en captant une clientèle initialement venue sur le territoire
o elles rayonnent sur le territoire en permettant aux visiteurs initialement venus visiter la ville de pratiquer des activités à l’extérieur.
Dans une optique de fidélisation d’une clientèle touristique sur du séjour moyen à long, l’exploitation du lien pouvant exister entre l’offre touristique de la ville et l’offre touristique du territoire apparaît comme un levier essentiel.